60 ans de l'appel de l'Abbé Pierre : un nouvel appel à une insurrection sociale et solidaire

Publié le par EMMAUS MUNDOLSHEIM

Depuis le fameux « Mes amis, au secours… » de l’abbé Pierre en février 1954, Emmaüs continue de se battre pour un avenir plus juste. Un nouvel appel sera lancé samedi, 1er février 2014

« Depuis plus de 60 ans , Emmaüs propose une diversité de modèles pour répondre à l’exclusion », souligne Thierry Kuhn, directeur de l’entreprise d’insertion Emmaüs de Mundolsheim et membre du bureau national du mouvement. L’accueil des laissés pour compte, la récupération et la réparation pour permettre aux compagnons de vivre du fruit de leur travail, l’aide aux familles en détresse, les microcrédits ou l’insertion professionnelle sont le quotidien des différentes structures. « Et la preuve qu’Emmaüs est dans le vrai, c’est que le privé s’empare de ce qu’on fait, notamment la récupération. Et ce, de manière très concurrentielle » ajoute Guy Rotureau, président de la communauté Emmaüs de Strasbourg qui accueille une cinquantaine de compagnons. Mais la particularité d’Emmaüs, c’est d’accueillir et aider les personnes vivant dans l’exclusion la plus extrême et même d’aller les chercher, dans les camps roms ou à la sortie de prison. « C’est une main tendue à ceux qui n’y croyaient plus », résume Maryline Wilhelm, directrice adjointe de la structure de Mundolsheim où 50 personnes sont en parcours d’insertion dans la récupération et la réparation. « Pour beaucoup, c’est leur premier contrat de travail, leur premier salaire, leur première formation » dans la vente, la conduite de poids lourds, les services à la personne… « Et surtout, ce n’est pas de l’assistanat : les gens s’aident eux-mêmes. »

Pour une société plus juste
Si le public en insertion est très divers (chômeurs longue durée, plus de 50 ans, personnes sous main de justice, gens du voyage sédentarisés,…), le profil des compagnons a tendance à s’uniformiser. «On accueille tout le monde, à condition qu’ils respectent les règles de la communauté, rappelle Guy Rotureau. Mais ces dernières années, il y a de plus en plus de jeunes qui frappent à notre porte et beaucoup de personnes venues des pays de l’Est. » Les causes de l’exclusion en revanche ne changent guère : difficultés familiales, violence, alcool, drogue et bien sûr précarité.

Les effets de la crise se ressentent évidemment au niveau de l’accueil mais influent aussi sur la clientèle des salles de vente. Il y a toujours les chineurs, les brocanteurs et ceux qui achètent pour revendre sur internet mais les personnes en difficulté, à la recherche d’objets au moindre prix, sont notablement en augmentation.

« Notre planète n’a jamais été aussi riche, note Thierry Kuhn. Or, on observe de plus en plus de situations d’exclusion. On est arrivé à la limite du modèle économique et de l’état providence. »

Depuis 60 ans, Emmaüs montre qu’une société plus juste est possible «avec moins de gaspillage, davantage de solidarité, d’environnement et surtout une économie qui replace l’homme en son centre».

Le 1er février 1954, l’abbé Pierre appelait à une insurrection de la bonté ; samedi, le 1er février 2014, le mouvement Emmaüs exhortera tous les Français à un sursaut citoyen en faveur de l’économie sociale et solidaire.

Simone Wehrung, DNA
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